Alors voilà, une année de finie, mais je rempile: même lieu, mais sur un blog différent, avec le luxe des commentaires pour avoir un retour, et la promesse de continuer d'observer tout, de raconter tout.
Pour ceux qui ne le savent pas, le grand frère de ce blog est ici : http://peneloplume.tumblr.com/
Pardon My French!
dimanche 31 juillet 2011
mardi 8 mars 2011
Le moment intertextuel
“Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur le jour
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur moi-même”
Paul Eluard, Capitale de la douleur
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur moi-même”
Paul Eluard, Capitale de la douleur
What's in your backpack?
Dans “Up in the air”, mit George Clooney en l’air, en avion, dans des hôtels, le George arrondit ses fins de mois déjà grasses en donnant des conférences de “développement personnel”, le must have aux Etats-Unis. Leur titre ? “What’s in your backpack?” Mot à mot: qu’y a-t-il dans votre sac à dos? Sa théorie est la suivante: pour vivre bien, vivons léger. Le voyage comme philosophie de vie, le bonheur dans un sac Eastpack. Le minimum dont un humain aurait besoin pourrait tenir dans un petit sac. What else? A J-4, la valise se remplit. Elle ne désemplit pas, malgré de multiples efforts, de nombreux sacrifices. Le fétichisme jusque là dissimulé n’a plus honte et fait son coming out: oui, je suis honteusement peinée de laisser ma robe fushia, mes salomés rouge bordeaux, mes sacs brodés durement acquis. C’est la robe blanche ou le jean dans lequel je ne suis plus sûre de rentrer. Si je ne prends ni brosse à dents ni shampoing, est-ce que je peux garder mon exemplaire de Mrs Dalloway, celui dont les pages sont cornées? Est-ce que l’exemplaire de la bibliothèque sera aussi familier? La famille et la familiarité n’ont pas leur place dans le sac à dos. Des sacs, j’en ai trois, une grosse valise, un gros sac de voyage, une valise de cabine. Ma vie en 40 kg: une dizaine de robes, des jupes, quelques pantalons, deux ou trois pulls, un manteau, plusieurs paires de chaussures, des lentilles pour un an, l’intégrale des oeuvres de James Joyce pour le mémoire. Des photos, beaucoup de photos. George Clooney pourtant marque un point, le voyage est une affaire de derrière: le sac est dans le dos, symboliquement. Derrière nous les gens, les choses, les souvenirs bons et mauvais. Devant, l’espace libre et inconnu encore. On sait ce qu’on a derrière, on ne connait pas ce qui est devant. Notre bagage nous permet d’appréhender le vide devant. La beauté du voyage, c’est qu’il y a toujours un moment, qui va de l’instant court à plusieurs journées, où on se trouve dans un entre-deux exceptionnel: on n’a plus vraiment de maison, on est entre deux lieux, entre deux vies dans certains cas. Que garde-t-on de l’ancienne, pour aborder la nouvelle? Dans mon cas, un bonnet, des gants.
Ne peuvent pas venir:
-saucisson, foie gras, confitures.
-mes euros.
-Jane Eyre, Wuthering Heights, Mrs Dalloway, Bridget Jones.
-l’Iphone.
-ma collection dvd de Sex and the City, l’intégrale Audrey Hepburn, et bien d’autres.
-ce que je vais oublier.
-ceux que je ne vais pas oublier.
Ne peuvent pas venir:
-saucisson, foie gras, confitures.
-mes euros.
-Jane Eyre, Wuthering Heights, Mrs Dalloway, Bridget Jones.
-l’Iphone.
-ma collection dvd de Sex and the City, l’intégrale Audrey Hepburn, et bien d’autres.
-ce que je vais oublier.
-ceux que je ne vais pas oublier.
Manhattan-Woody Allen
“Chapter One: He adored New York City. Although to him it was a metaphor for the decay of contemporary culture. How hard it was to exist in a society desensitized by drugs, loud music, television, crime, garbage - too angry. I don’t want to be angry.”
Orgueil et Préjugés
Pardon my French, pour les non-aficionados de la langue britonne, signifie en gros « excusez du langage ». Comment pourrait-on être excusés de langage, me dira-t-on? C’est assez simple, lorsqu’on se perd dans une autre langue, opposée à sa langue maternelle, le plus simple est souvent de tâcher la langue nouvelle, la langue étrangère au sens large d’ « autre », de préjugés. Or, comme Jane Austen le montre dans son roman, et comme d’autres l’auront vu dans le film, les préjugés, c’est mal, et souvent faux : Mr Darcy est en fait super cool, et beau, et riche. Les Saxons nous jugent râleurs et mauvais perdants, ils ont même une expression pour ramener la faute d’une insulte à la langue française. Si rien ne va dans le monde, c’est la faute aux Français, si je m’énerve et dis des gros mots, c’est du français, pas du bel anglais, langue noble de Shakespeare. Alors quid de la vérité dans tous ça ? Sommes nous méchants et acariâtres ? Sont-ils bruyants et indélicats ? La réponse en trois parties, trois sous-parties est impossible, j’opte donc pour le trop contemporain et déjà classique journal de bord. Je ne m’excuserai pas de mon français, aux Etats Unis. Je vais même enseigner le français, en véritable missionnaire des temps modernes. A quelques jours du grand départ, plusieurs questions se font jour : Est-ce qu’on peut manger autre chose que des hamburgers ? Est-ce qu’on peut croiser le président ou lady Gaga dans la rue ? Ketchup ou Mayo ? Converse ou ballerines ? Mais surtout, surtout : c’est encore loin, New York ?
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