Dans “Up in the air”, mit George Clooney en l’air, en avion, dans des hôtels, le George arrondit ses fins de mois déjà grasses en donnant des conférences de “développement personnel”, le must have aux Etats-Unis. Leur titre ? “What’s in your backpack?” Mot à mot: qu’y a-t-il dans votre sac à dos? Sa théorie est la suivante: pour vivre bien, vivons léger. Le voyage comme philosophie de vie, le bonheur dans un sac Eastpack. Le minimum dont un humain aurait besoin pourrait tenir dans un petit sac. What else? A J-4, la valise se remplit. Elle ne désemplit pas, malgré de multiples efforts, de nombreux sacrifices. Le fétichisme jusque là dissimulé n’a plus honte et fait son coming out: oui, je suis honteusement peinée de laisser ma robe fushia, mes salomés rouge bordeaux, mes sacs brodés durement acquis. C’est la robe blanche ou le jean dans lequel je ne suis plus sûre de rentrer. Si je ne prends ni brosse à dents ni shampoing, est-ce que je peux garder mon exemplaire de Mrs Dalloway, celui dont les pages sont cornées? Est-ce que l’exemplaire de la bibliothèque sera aussi familier? La famille et la familiarité n’ont pas leur place dans le sac à dos. Des sacs, j’en ai trois, une grosse valise, un gros sac de voyage, une valise de cabine. Ma vie en 40 kg: une dizaine de robes, des jupes, quelques pantalons, deux ou trois pulls, un manteau, plusieurs paires de chaussures, des lentilles pour un an, l’intégrale des oeuvres de James Joyce pour le mémoire. Des photos, beaucoup de photos. George Clooney pourtant marque un point, le voyage est une affaire de derrière: le sac est dans le dos, symboliquement. Derrière nous les gens, les choses, les souvenirs bons et mauvais. Devant, l’espace libre et inconnu encore. On sait ce qu’on a derrière, on ne connait pas ce qui est devant. Notre bagage nous permet d’appréhender le vide devant. La beauté du voyage, c’est qu’il y a toujours un moment, qui va de l’instant court à plusieurs journées, où on se trouve dans un entre-deux exceptionnel: on n’a plus vraiment de maison, on est entre deux lieux, entre deux vies dans certains cas. Que garde-t-on de l’ancienne, pour aborder la nouvelle? Dans mon cas, un bonnet, des gants.
Ne peuvent pas venir:
-saucisson, foie gras, confitures.
-mes euros.
-Jane Eyre, Wuthering Heights, Mrs Dalloway, Bridget Jones.
-l’Iphone.
-ma collection dvd de Sex and the City, l’intégrale Audrey Hepburn, et bien d’autres.
-ce que je vais oublier.
-ceux que je ne vais pas oublier.
Ne peuvent pas venir:
-saucisson, foie gras, confitures.
-mes euros.
-Jane Eyre, Wuthering Heights, Mrs Dalloway, Bridget Jones.
-l’Iphone.
-ma collection dvd de Sex and the City, l’intégrale Audrey Hepburn, et bien d’autres.
-ce que je vais oublier.
-ceux que je ne vais pas oublier.
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